⚡ EN 30 SECONDES
  • Un tribunal du travail britannique examine, du 10 septembre au 16 octobre 2026 à Glasgow, le licenciement en octobre 2025 de 31 salariés de Rockstar Games par le syndicat IWGB. Rockstar invoque une faute grave liée à la fuite d'informations confidentielles sur GTA VI ; l'IWGB dénonce des représailles anti-syndicales et une liste noire. Deux décisions préliminaires ont déjà été rendues (une dans chaque sens), mais aucun verdict sur le fond n'est encore tombé.

Un tribunal du travail s’est ouvert le 10 septembre à Glasgow entre Rockstar Games et le syndicat IWGB, autour du licenciement, en octobre 2025, de 31 salariés britanniques ayant travaillé sur GTA VI. L’audience doit se poursuivre jusqu’au 16 octobre. Voici ce que chaque partie affirme, et ce que le tribunal a déjà tranché ou non à ce stade.

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Il s’agit d’une procédure judiciaire en cours devant l’Employment Tribunal britannique, l’équivalent des prud’hommes en France. Aucun verdict sur le fond n’a encore été rendu : les éléments qui suivent reflètent les versions de chaque partie telles que rapportées par la presse, sauf mention explicite d’une décision du tribunal.

Les faits : 31 licenciements en octobre 2025

En octobre 2025, Rockstar Games a licencié 34 salariés au total, dont 31 au Royaume-Uni, notamment au sein de Rockstar North à Édimbourg, et 3 au Canada, selon les informations relayées par vgtimes. Plusieurs d’entre eux travaillaient sur le développement de GTA VI. Selon des témoignages recueillis par la presse et par le syndicat IWGB, les salariés présents dans les locaux ont été convoqués en réunion et informés d’un licenciement avec effet immédiat avant d’être raccompagnés hors des bureaux, tandis que les salariés à distance auraient été prévenus par un appel téléphonique d’environ deux minutes, avant de perdre l’accès à leurs comptes professionnels.

Ce que reproche Rockstar aux salariés licenciés

Rockstar affirme que ces licenciements sanctionnent une faute grave : le partage, dans un canal Discord, d’informations confidentielles concernant GTA VI, notamment des détails sur le jeu, l’avancement du développement, le calendrier de sortie et des protocoles internes de sécurité informatique. Le studio soutient que ces licenciements n’ont aucun lien avec une quelconque activité syndicale.

Le statut de ce canal Discord fait lui-même l’objet d’un désaccord entre les parties. Rockstar affirme qu’il ne s’agissait pas d’un espace privé réservé à ses salariés, évoquant plusieurs centaines de membres parmi lesquels des employés d’autres studios et un journaliste spécialisé. L’IWGB soutient au contraire qu’il s’agissait bien d’un canal privé, mis en place par le syndicat pour l’organisation syndicale. Rockstar rappelle par ailleurs avoir déjà licencié, par le passé, des salariés pour divulgation d’informations confidentielles sur GTA VI ou d’autres projets.

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Cette affaire s’inscrit dans une année 2025-2026 marquée par plusieurs vagues de fuites autour de GTA VI, que nous avons détaillées dans notre rétrospective sur l’affaire Cyberleek. Aucun lien public n’a toutefois été établi entre ces fuites et les messages échangés sur le canal Discord syndical à l’origine des licenciements : il s’agit de deux dossiers distincts, que Rockstar ne présente pas comme liés dans ses déclarations publiques.

Ce que reproche l’IWGB à Rockstar

Le syndicat IWGB soutient à l’inverse que ces licenciements constituent des représailles anti-syndicales, visant des salariés en raison de leur engagement syndical plutôt que pour la raison invoquée par Rockstar. L’IWGB va plus loin en évoquant une pratique de « liste noire » : selon le syndicat, l’entreprise aurait compilé et utilisé des listes de noms de salariés syndiqués pour les discriminer. Le syndicat affirme également que les salariés concernés n’ont bénéficié d’aucune procédure disciplinaire ni d’un droit d’appel avant leur licenciement.

Dans un communiqué, le président de l’IWGB Alex Marshall a qualifié la démarche de Rockstar de « tentative calculée d’écraser un syndicat », estimant qu’elle serait jugée « non seulement injuste, mais illégale » à l’issue d’une audience complète. Les salariés licenciés demandent leur réintégration ou, à défaut, une indemnisation, ainsi qu’une décision du tribunal reconnaissant le caractère abusif de leur licenciement. En parallèle de la procédure, le syndicat négocierait également la reconnaissance syndicale formelle chez Rockstar.

Le cas de Will Mesilane

Parmi les salariés licenciés, le cas de Will Mesilane est mis en avant par l’IWGB. Selon le syndicat, Rockstar aurait fait retirer son visa de travail et l’aurait signalé aux services d’immigration britanniques (le Home Office) après son licenciement, sans lui laisser de droit de recours, ce qui l’a contraint à quitter le Royaume-Uni pour rentrer en Australie.

Deux décisions préliminaires, mais pas encore de verdict sur le fond

Avant l’ouverture de cette audience finale, le tribunal a déjà rendu deux décisions procédurales distinctes, une dans chaque sens, qui ne préjugent pas de l’issue de l’affaire.

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Juin 2026 : la demande de Rockstar rejetée
Rockstar avait demandé à faire écarter du dossier les accusations de liste noire. Le tribunal a rejeté cette demande, ce qui permet à l’IWGB de continuer à porter cette accusation lors de l’audience finale, sans que cela ne signifie qu’elle soit fondée.
Début septembre 2026 : l’IWGB débouté sur l’indemnité provisoire
Un juge a refusé d’ordonner à Rockstar de verser une indemnité provisoire (« interim relief ») aux salariés licenciés, estimant qu’il n’était pas possible de conclure, à ce stade, que leur appartenance syndicale était vraisemblablement le motif principal de leur licenciement. Cette décision ne tranche pas non plus le fond de l’affaire.

La défense de Rockstar

Rockstar a communiqué à plusieurs reprises sur cette affaire. Concernant le fond du dossier, un porte-parole a déclaré : « La position de Rockstar Games a été claire et cohérente depuis le début. Des personnes au Royaume-Uni et au Canada ont été licenciées pour faute grave après avoir partagé des informations confidentielles de l’entreprise, non en raison d’une prétendue appartenance ou activité syndicale. Nous rejetons ces accusations et les contesterons vigoureusement devant le tribunal. »

Après le rejet de la demande d’indemnité provisoire de l’IWGB début septembre, un porte-parole du studio a ajouté : « Nous regrettons d’avoir été placés dans une situation qui a rendu ces licenciements nécessaires, mais nous assumons notre décision, confortée par l’issue de cette audience. »

À RETENIR

Cette affaire oppose deux versions difficilement conciliables : Rockstar invoque une faute grave liée à la divulgation d’informations confidentielles, l’IWGB dénonce des représailles anti-syndicales et une liste noire. Le tribunal n’a pour l’instant statué que sur des points de procédure, dans un sens comme dans l’autre. Aucun verdict sur le caractère abusif des licenciements, sur l’existence d’une liste noire ou sur une éventuelle réintégration n’est attendu avant la fin de l’audience, le 16 octobre 2026, et aucun délai n’a été communiqué pour le jugement définitif.

GTA VI sortira le 19 novembre 2026 sur PS5 et Xbox Series X|S.

CE QU'IL FAUT RETENIR
  • 34 salariés licenciés en octobre 2025 (31 au Royaume-Uni, 3 au Canada), certains travaillant sur GTA VI
  • Rockstar invoque une faute grave (partage d'informations confidentielles sur un canal Discord) ; l'IWGB dénonce des représailles anti-syndicales et une liste noire
  • Le cas de Will Mesilane (visa retiré, signalement au Home Office, retour forcé en Australie) est mis en avant par le syndicat
  • Juin 2026 : le tribunal rejette la demande de Rockstar d'écarter les accusations de liste noire
  • Début septembre 2026 : le tribunal refuse une indemnité provisoire à l'IWGB, sans trancher le fond
  • Audience finale du 10 septembre au 16 octobre 2026 au Glasgow Tribunals Centre, aucun verdict attendu avant son terme

NikoBelic

RÉDACTION · VICE CENTRAL

Traque l'actualité, les leaks et les théories autour de GTA VI.

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