GTA VI aurait-il perdu son mordant ? Depuis des mois, une partie des joueurs craint un jeu « assagi », voire « woke ». Jason Schreier, le journaliste de Bloomberg qui a passé du temps chez Rockstar North pour sa grande enquête, a répondu à ces craintes dans un long entretien publié le 17 octobre sur la chaîne YouTube de TGG. Son verdict est sans appel : le jeu restera « ridicule », et il en a eu la preuve sous les yeux, en regardant Rob Nelson cambrioler une boutique dont les murs sont couverts de photos de pieds.

EN 30 SECONDES
  • Jason Schreier répond aux craintes d’un GTA VI « woke » dans un entretien avec TGG publié le 17 octobre
  • Pendant la démo, il a vu Rob Nelson braquer une boutique tapissée de photos de pieds, au code de coffre très cru
  • Pour lui, le jeu reste absurde et potache, mais évite les blagues gratuites contre les plus faibles
  • Il décrit un mélange d’histoire très adulte et de monde à la sensibilité enfantine, plus proche de Red Dead Redemption 2 que de GTA V

Ce qui est confirmé : ces propos viennent directement de Jason Schreier, dans l’entretien vidéo de TGG (à partir de 21 min 36). La scène de la boutique, il l’a vue lui-même pendant la démonstration jouée par Rob Nelson, codirecteur de Rockstar North. Rockstar n’a fait aucun commentaire.

D’où vient la peur d’un GTA VI « woke »

Schreier le reconnaît lui-même : tout part d’un de ses articles. En 2022, il avait raconté dans Bloomberg les changements de culture chez Rockstar après le départ de Dan Houser. Il y expliquait notamment que le studio avait abandonné un mode « Cops and Crooks » prévu pour GTA Online, après les manifestations de l’été 2020 aux États-Unis, et qu’une blague transphobe de GTA V avait été retirée par une mise à jour. Le studio, écrivait-il, cherchait à éviter de « frapper vers le bas », c’est-à-dire de se moquer gratuitement des plus faibles.

Une partie de la communauté a retenu de cet article une seule idée : Rockstar allait « se débarrasser de son humour ». Pour Schreier, c’est une réaction totalement exagérée. Éviter les blagues gratuites contre les minorités, explique-t-il, ne veut pas dire renoncer à la satire, à l’humour absurde, sexuel ou potache.

Jason, une batte de baseball sur l’épaule, dans une boutique de Vice City, capture de GTA VI publiée par Game Informer
Les petites boutiques de Vice City se cambriolent, et certaines réservent des surprises (capture officielle publiée par Game Informer).

La boutique aux photos de pieds

Pour illustrer son propos, Schreier raconte « l’une des choses les plus drôles » qu’il ait vues pendant sa visite. Rob Nelson tente de braquer un commerce dont la pièce entière est tapissée de photos de pieds. Pour ouvrir le coffre, il doit trouver un code, et ce code n’est autre qu’une suite de mots très crus en rapport avec le fétichisme des pieds. Le journaliste parle d’une « expérience bizarre », et TGG, qui a lui aussi visité Rockstar North, n’a pas trouvé d’autre mot que « ridicule ».

Ce n’est pas un cas isolé. Schreier rappelle deux autres scènes rapportées par les journalistes qui ont vu le jeu fin août : un homme entièrement nu qui se promène dans la rue, et un hélicoptère de police qui prévient par haut-parleur qu’un « furry » rôde dans le quartier, une scène racontée par l’équipe de Kinda Funny. Nous avions recensé ces détails dans notre article sur ce que révèlent les dernières previews.

La boutique
Murs couverts de photos de pieds, code du coffre fait de mots crus : vue par Schreier pendant la démo de Rob Nelson.
L’alerte au furry
Un hélicoptère de police signale un « furry » dans le secteur, une scène racontée par Kinda Funny.
L’homme nu
Plusieurs journalistes ont croisé un passant entièrement nu dans les rues de Vice City.
Pas de Triple Click
Le jeu a ses podcasts, mais celui de Schreier n’en fait pas partie : « on ne nous l’a pas demandé ».

« Une histoire très adulte, une sensibilité très enfantine »

Pour Schreier, GTA VI ne fera pas moins rire, il fera rire autrement. Le jeu gardera selon lui beaucoup d’humour « juvénile et puéril », de l’humour d’adolescent, « ce qui est très bien, c’est ça GTA ». Ce qui l’intéresse, c’est le mélange : une histoire très adulte posée dans un monde à la sensibilité très enfantine. Certaines publicités télévisées ou émissions de radio du jeu seront idiotes, d’autres seront intelligentes, résume-t-il, et il s’attend aussi à de bonnes parodies d’animateurs de podcast.

Il s’appuie aussi sur ce que tout le monde a pu voir : « Comment peut-on regarder les 27 minutes de la présentation et penser que l’humour ne sera pas là ? » L’Extended Look du 27 août, avec sa Floride outrancière, montrait déjà le ton du jeu. Schreier plaisante même sur le fait que ce qui l’inquiète le plus, c’est de passer autant de temps en Floride, un endroit qu’il trouve « épuisant ».

Moins méchant que GTA V, plus proche de Red Dead Redemption 2

Le journaliste ne cache pas son avis sur GTA V : il a aimé le jeu, mais l’a trouvé « épuisant ». Son nihilisme et ses trois héros qui se détestent lui pèsent, au point qu’en le relançant il y a quelques semaines il a eu du mal à continuer. Il voit dans son humour souvent « mesquin » le produit de son époque : un jeu conçu à la fin des années 2000, en contrepoint de l’optimisme des années Obama.

Aujourd’hui, estime-t-il, le cynisme est partout, et un jeu qui ne surenchérit pas dans la méchanceté répond mieux à son temps. C’est aussi pourquoi il attend surtout l’histoire : Jason et Lucia lui paraissent être de « vraies personnes », bien plus que les « personnages de dessin animé » qu’étaient Michael, Franklin et Trevor, et il trouve que Rockstar a davantage puisé dans l’écriture de Red Dead Redemption 2 que dans celle de GTA V.

TGG va dans le même sens. Lors de sa propre visite, Rob Nelson lui a expliqué que le studio voulait cette fois « traiter les joueurs comme des adultes », en laissant beaucoup de choses au choix du joueur. Jason et Lucia n’ont par exemple même pas besoin de former un couple, un point qui fait déjà beaucoup parler, comme le montre le sondage relayé par la BBC.

Ce qu’il faut en retenir

Schreier est l’un des rares journalistes à avoir vu GTA VI tourner et à avoir passé du temps avec ses créateurs, pour son enquête publiée par Bloomberg le 14 octobre (notre résumé). Il a depuis livré d’autres anecdotes, comme l’histoire de la roue des armes ou la démonstration de Rob Nelson. Son message cette fois est simple : le GTA VI qu’il a vu n’a rien perdu de son goût pour l’absurde, il a seulement arrêté de prendre les plus faibles pour cible. Réponse définitive le 19 novembre, et dans les tests qui devraient arriver avant.

GTA VI sort le 19 novembre 2026 sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S.

NikoBelic
RÉDACTION · VICE CENTRAL

Traque l'actualité, les leaks et les théories autour de GTA VI.

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