À un mois de la sortie de GTA VI, la question de la propriété des jeux numériques arrive au Congrès américain. Le représentant démocrate de New York Ritchie Torres a annoncé le 15 octobre le Power to the Players Act, un projet de loi qui veut qu’un jeu acheté soit vraiment possédé, et plus seulement loué. Dans une interview accordée à Kotaku, l’élu prend GTA VI comme exemple d’un avenir où la boîte vendue en magasin ne contient plus qu’un code de téléchargement.
- Le représentant démocrate Ritchie Torres a annoncé le 15 octobre le Power to the Players Act.
- Le texte ferait d’un jeu acheté une vraie propriété et imposerait un mode hors ligne avant la fermeture des serveurs.
- Il cite GTA VI, vendu aux États-Unis dans une boîte qui ne contient qu’un code.
- Le projet n’est pas encore déposé et a peu de chances d’aboutir rapidement.
- Rien ne change pour la sortie de GTA VI le 19 novembre.
Ce qui est confirmé : Ritchie Torres a annoncé publiquement son intention de déposer ce texte, relayé par Kotaku et Engadget. Le projet n’a pas encore été formellement déposé au Congrès, aucun cosignataire n’est connu, et rien ne change pour la sortie de GTA VI le 19 novembre.
Un projet de loi pour « posséder » ses jeux
Ritchie Torres représente depuis 2021 le 15e district de New York, dans le Bronx. Son texte confierait à la Federal Trade Commission (FTC), l’autorité américaine de protection des consommateurs, la mission d’écrire des règles sur la vente des jeux vidéo. Le principe est simple : acheter un jeu numérique devrait donner davantage qu’une licence que l’éditeur peut retirer à tout moment. L’élu le résume en une formule reprise partout : « si vous le payez, vous le possédez ».
Le deuxième volet vise les jeux qui dépendent de serveurs en ligne. Avant de couper ces serveurs, un éditeur devrait proposer un mode hors ligne qui permette de continuer à jouer. La presse américaine présente le texte autour de trois droits : posséder, jouer et transférer les jeux achetés. Le projet ne concerne que le jeu vidéo, pas les films ni la musique, même si Torres espère qu’il servira un jour de modèle pour les autres achats numériques.
Pourquoi GTA VI est au cœur du débat
Kotaku fait le lien directement : aux États-Unis, la boîte PS5 et Xbox Series de GTA VI ne contient pas de disque, seulement un code de téléchargement, pour un jeu vendu à partir de 80 dollars. Pour beaucoup de joueurs, le plus gros lancement de la décennie symbolise un basculement vers le tout numérique, où l’on n’a plus de copie physique à revendre, prêter ou garder. Le sujet avait déjà fait réagir quand cette boîte sans disque était tombée en rupture chez Amazon et Target.

Le texte de Torres ne viserait pas GTA VI en particulier, et il ne remettrait pas de disque dans la boîte. Il fixerait en revanche une règle générale : un jeu payé ne pourrait plus disparaître d’une bibliothèque parce qu’un éditeur l’a décidé. Rockstar et Take-Two n’ont pas réagi publiquement à cette annonce.
NBA 2K25, l’exemple qui a déclenché l’initiative
L’élu s’appuie aussi sur un cas très concret. NBA 2K25, l’un des jeux les plus vendus de 2024 aux États-Unis, vendu 70 dollars, sera retiré des boutiques numériques le 30 octobre, et la fermeture de ses serveurs privera les joueurs de l’essentiel de ses modes. Pour Torres, un jeu qui peut être retiré dès qu’une entreprise coupe le courant n’est pas un achat, mais une location présentée comme une vente.
Son initiative s’inscrit dans le sillage du mouvement Stop Killing Games, qui demande aux éditeurs de ne plus vendre de jeux rendus injouables à la fin de leur support en ligne, et qui a pris de l’ampleur ces derniers mois.
Le Brésil avait déjà cité GTA VI
Ritchie Torres n’est pas le premier élu à citer GTA VI dans ce débat. En juillet, la députée fédérale brésilienne Erika Hilton avait critiqué sur X la disparition progressive des disques et demandé aux organismes de défense des consommateurs de se pencher sur la question, en prenant l’édition « code dans la boîte » de GTA VI comme exemple. Au Brésil, où les droits de douane rendent consoles et jeux très chers, le marché de l’occasion compte beaucoup pour les joueurs. Il s’agissait toutefois d’une prise de position, pas d’un projet de loi.
Un texte encore loin d’être adopté
Les obstacles sont nombreux. Le texte doit d’abord être déposé, puis passer en commission, où la plupart des propositions s’arrêtent : Kotaku rappelle qu’environ 87 % des textes ne sont jamais votés en séance. En Californie, un projet de loi d’État qui offrait des protections proches a échoué en commission en juin. Engadget souligne aussi que les pouvoirs de la FTC sont plus fragiles depuis l’arrêt de la Cour suprême de 2024 qui a mis fin à la doctrine Chevron : un juge pourrait bloquer ses règles, comme cela s’est produit pour l’interdiction des clauses de non-concurrence. Les grands éditeurs devraient enfin s’opposer au projet.
Pour les joueurs de GTA VI, rien ne change donc à court terme. Le débat montre en revanche que la sortie du jeu, attendue par des dizaines de millions de personnes, sert déjà de point de repère dans les discussions politiques sur ce que l’on achète vraiment quand on achète un jeu.
GTA VI sort le 19 novembre 2026 sur PS5 et Xbox Series X|S.

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