Selon Bloomberg, Rockstar Games ignore toujours qui est à l'origine des fuites Cyberleek, quatre ans après avoir durci sa sécurité. En interne, les employés se disent « frustrés et épuisés ».
Dans une édition de sa newsletter Game On publiée le 21 août, le journaliste Jason Schreier (Bloomberg) dresse un tableau inhabituellement précis de l’état d’esprit à l’intérieur de Rockstar Games depuis le début de l’affaire Cyberleek. Le constat central de l’article, intitulé « Rockstar Rattled As ‘Grand Theft Auto VI’ Leaks Again » (« Rockstar ébranlé par une nouvelle fuite de GTA VI »), est sans appel : malgré des jours d’enquête interne, le studio ne sait toujours ni qui est derrière ces fuites, ni comment elles ont eu lieu.
Fiche de la source
- Média
- Bloomberg, newsletter Game On
- Journaliste
- Jason Schreier
- Date de publication
- 21 août 2026
- Titre original
- « Rockstar Rattled As ‘Grand Theft Auto VI’ Leaks Again »
Une sécurité durcie en 2022, contournée en 2026
Le rapport de Schreier prend soin de replacer l’affaire dans son contexte historique : après le piratage massif de septembre 2022, qui avait vu fuiter plus de 90 vidéos de gameplay pré-alpha, Rockstar avait considérablement durci ses protocoles de sécurité interne — jusqu’à mettre fin au travail à distance pour une partie de ses équipes. Quatre ans plus tard, ces mesures n’ont pourtant pas empêché quelqu’un d’accéder à ce qui semble être un build jouable du jeu, alimenté par le groupe se faisant appeler Cyberleek.
Le fait que des mesures aussi radicales que la fin du télétravail n’aient pas suffi à empêcher une nouvelle fuite majeure suggère, selon Bloomberg, une faille plus profonde que celle corrigée en 2022 — sans que la nature exacte de cette faille (interne, sous-traitant, partenaire technique) ne soit établie à ce jour.
« Frustrés et épuisés » : le moral des équipes mis à mal
C’est l’élément le plus repris de l’article : selon les sources de Schreier, les employés de Rockstar se disent aujourd’hui « frustrés et épuisés » par cette nouvelle vague de fuites, survenant à seulement trois mois du lancement prévu le 19 novembre — une période de fin de production déjà réputée intense pour les équipes de développement.
Face à cette lassitude, un cadre de Rockstar aurait envoyé un message interne aux équipes pour dénoncer explicitement l’auteur des fuites, tout en assurant que cet incident ne viendrait pas ternir des années d’un travail par ailleurs qualifié d’excellent. En parallèle, la recherche de l’origine de la fuite mobiliserait le studio selon un mode « all hands on deck » (toutes les équipes sur le pont), signe de l’urgence perçue en interne.
Les fuites ne viendront pas ternir des années d’un travail par ailleurs excellent.
Le silence total sur les réseaux sociaux
Autre signe de la tension interne relevé par plusieurs titres reprenant le rapport : Rockstar Games serait resté totalement silencieux sur ses réseaux sociaux depuis le début de l’affaire, suspendant même ses publications habituelles liées à GTA Online et à ses autres titres — une rupture nette avec son activité ordinaire.
Le 27 août, envers et contre tout
Malgré ce climat, Bloomberg confirme ce que Vice Central rapportait déjà : la présentation étendue du 27 août sur Netflix n’est pas remise en question. Rockstar mise sur cette diffusion officielle, suivie de sa mise en ligne sur YouTube quelques heures plus tard, pour reprendre la main sur le récit et montrer une version bien plus aboutie du jeu que celle entrevue dans les extraits fuités.
Ce rapport vient compléter le tableau déjà bien fourni de l’affaire : aux assignations judiciaires contre Microsoft et Discord et à la perte de plusieurs milliards de dollars de capitalisation boursière pour Take-Two s’ajoute désormais cette dimension plus humaine : celle d’un studio qui, en interne, peine à encaisser le choc d’une seconde fuite majeure en quatre ans.
Retrouvez l’ensemble des développements dans notre récapitulatif complet de l’affaire Cyberleek.
Source : Bloomberg, Jason Schreier ; recoupement via Kotaku et TheGamer.

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