Avril 2024. Une note interne circule dans tous les studios Rockstar Games — Rockstar North à Édimbourg, Rockstar New York, Rockstar San Diego, Rockstar Toronto. Le message est clair : fin du télétravail flexible. Retour au bureau obligatoire, à temps plein, pour « productivité et sécurité », dans ce que Rockstar appelle les « étapes finales » du développement de GTA VI.
Le contexte : deux ans de flexibilité post-COVID
Comme la plupart des studios AAA, Rockstar avait adapté ses conditions de travail pendant la pandémie de COVID-19 en 2020. Une flexibilité avait été maintenue même après la crise — Rockstar avait explicitement promis à ses employés que les arrangements de travail flexible resteraient en place. Cette promesse est au cœur de la controverse de 2024.
L’annonce du retour obligatoire au bureau contredit directement ces engagements. Des centaines d’employés qui avaient pris des décisions de vie — déménagements, achats immobiliers hors des grandes villes — en se basant sur la continuité du télétravail se retrouvent dans une situation difficile.
Le syndicat IWGB entre en scène
L’Independent Workers’ Union of Great Britain (IWGB) prend position publiquement contre la décision. Le syndicat, qui représente une partie des employés de Rockstar North à Édimbourg, dénonce une violation des engagements pris par le studio et appelle à une résistance organisée.
C’est dans ce contexte social tendu que Kotaku rapporte, via le journaliste Zack Zwiezen, que la décision de retour au bureau était partiellement motivée par la volonté d’éviter un report de GTA VI — report qui arrivera quand même en mai 2025. L’ironie n’échappe à personne.
Avril 2024 : retour au bureau imposé. Mai 2025 : premier report de GTA VI malgré tout. Octobre 2025 : Rockstar licencie 34 employés pour fuites de confidentiels. Novembre 2025 : second report. Une séquence qui illustre les tensions extrêmes qui ont accompagné les 18 derniers mois de développement de GTA VI.