Le 30 octobre 2025, Rockstar Games annonce le licenciement de 31 employés de Rockstar North (Édimbourg) et de 3 employés de Rockstar Toronto. La raison invoquée : « discussion publique et distribution d’informations confidentielles sur Grand Theft Auto VI ». Une décision sans précédent dans l’histoire du studio, qui déclenche immédiatement une vague de protestations.
Qui a été licencié ?
Selon des informations publiées par l’IWGB et des journalistes comme Jason Schreier, les 34 employés licenciés comprennent un éventail de profils allant des testeurs QA aux artistes seniors, en passant par des animateurs, des designers, des programmeurs et des producteurs — dont plusieurs team leads avec plus de dix ans d’ancienneté chez Rockstar.
Plusieurs des personnes licenciées étaient membres d’un Discord privé dans lequel des employés de Rockstar échangeaient sur leurs conditions de travail, leurs préoccupations, et des informations sur le développement de GTA VI. C’est l’existence de ce groupe, découvert par Rockstar, qui aurait déclenché la procédure de licenciement.
| 30 OCT. | Rockstar annonce les 34 licenciements pour fuites confidentielles. |
| 30 OCT. | L’IWGB dénonce des licenciements « antisyndicaux » et annonce des actions. |
| 31 OCT. | Manifestations devant Rockstar North (Édimbourg) et bureaux londoniens. |
| 1 NOV. | Jason Schreier confirme que les licenciés incluaient plusieurs team leads seniors. |
| 6 NOV. | Second report de GTA VI annoncé — coïncidence temporelle qui alimente les spéculations. |
L’IWGB : anti-syndicalisme ou application du NDA ?
L’Independent Workers’ Union of Great Britain accuse Rockstar d’avoir utilisé la protection de la confidentialité comme prétexte pour cibler des employés syndiqués ou ayant exprimé des préoccupations sur leurs conditions de travail. Le syndicat parle de « chasse aux sorcières » et souligne que plusieurs des licenciés étaient des voix actives dans les discussions sur le retour au bureau imposé en 2024.
Rockstar maintient sa position : les licenciements sont strictement liés à des violations du NDA, documentées et vérifiables. Le studio ne commente pas les allégations d’anti-syndicalisme. Les procédures légales engagées par certains des licenciés sont en cours au moment de la publication de cet article.
Dans le droit du travail britannique, le licenciement pour violation de NDA est légal si la violation est documentée et proportionnée. La question de savoir si les discussions dans un Discord privé constituent une « distribution publique d’informations confidentielles » est précisément ce que les recours légaux de certains licenciés cherchent à faire trancher.
L’impact sur le développement reste difficile à évaluer. La perte de 34 employés expérimentés — dont plusieurs seniors — à moins d’un an de la sortie est objectivement significative. Si le second report, annoncé 7 jours après les licenciements, était déjà décidé avant ceux-ci, la coïncidence temporelle reste frappante.